La municipalité ferme le restaurant « Art Solo »
Une décision dommageable et pour le moins surprenante
« Je ne sais pas… Je n’ai jamais vu ça… ». C’est la première réponse embarrassée d’un ami, spécialisé dans les questions économiques et commerciales, dont j’ai sollicité l’avis, après que j’ai été informé, cet été, par le vendeur et « l’ex-futur acquéreur » d’Art Solo de l’intention de Mme Le Maire d’empêcher cette reprise. « C’est du développement économique à l’envers », a-t-il fini par diagnostiquer. Cette intention a été confirmée par l’arrêté pris par Mme Le Maire le 19 septembre 2006. Le restaurant Art Solo vit donc ses dernières heures. Cherchez l’erreur : Un bar restaurant, viable, avec une clientèle, se voit condamné… par un projet de « redynamisation commerciale » du centre bourg. Cet été, je concluais l’éditorial de notre Lettre n°16 par un « appel à l’écoute et à la concertation » pour la suite du projet sur la place de la Résistance. Reconnaissons qu’il n’a pas été entendu, et rappelons les faits.
Jean-Pierre et Huguette Roger exploitent ce restaurant « historique » de Dompierre depuis 8 ans. Historique, car beaucoup, surtout les plus anciens, se souviennent des mariages nombreux qui avaient lieu ici, dans la salle située à l’arrière du restaurant. Au printemps dernier, pour des raisons de santé, Jean-Pierre et Huguette se sont décidés à mettre en vente leur restaurant. Avec un succès qui les a eux-mêmes surpris : une reprise a été quasiment immédiatement négociée avec un couple de parisiens, M. et Mme Rémy, qui sont depuis 14 ans des amoureux fidèles de la Vendée. Dès le compromis de vente signé, Mme Le Maire a personnellement téléphoné aux repreneurs, leur proposant de renoncer à cet achat… pour s’installer sur la place de la Résistance, dans le cadre du projet commercial de la municipalité. Ils ont examiné cette proposition, et ils ont estimé qu’elle était moins intéressante que celle pour laquelle ils venaient d’obtenir l’accord des organismes bancaires, dont on sait pourtant la prudence.
L’affaire pouvait en rester là. D’ailleurs, le 20 juillet, le conseil municipal a voté la construction des bâtiments sur la place, dont un « bar tabac presse brasserie », réalisé aux frais de la commune en l’absence d’un entrepreneur candidat, la brasserie devant être limitée à « de la restauration rapide », compte tenu, selon les mots-mêmes employés en conseil, « de l’existence d’Art Solo ». Puis en un mois, la situation a évolué, puisque l’après-midi même de la rentrée des classes à Dompierre, M. et Mme Rémy, dont les enfants étaient inscrits à l’école « Pierre Menanteau », ont été informés de la décision de Mme Le Maire de préempter sur la vente du restaurant, avec pour conséquence d’empêcher la reprise, et les obligeant à renoncer à leur projet. L’arrêté a été pris le 19 septembre, engageant 200 000 euros des finances communales, et ouvrant un délai de recours de 2 mois.
C’est une mauvaise décision. La première raison est que le développement économique ne se fait pas sans, ni a fortiori contre, les commerçants. Le rôle du Maire est de positionner les grandes orientations, de penser la commune dans sa totalité, et d’envisager les projets, comme celui de la place, dans leur globalité. Ce n’est pas de décider de façon autoritaire à la place des commerçants, mais bien plutôt de les écouter et de créer les conditions pour les attirer, les entraîner, les convaincre. Dans ce que nous savons de ce dossier, tout montre qu’il n’y a eu aucune approche de négociation et de concertation avec les intéressés.
La seconde raison tient à l’improvisation de cette décision. L’absence d’une réflexion suffisante oblige à naviguer à vue. Où est la cohérence d’ensemble du projet d’aménagement du centre bourg ? Cette préemption arrive « comme un cheveu sur la soupe », et les arguments qui sont mis en avant dans l’arrêté du Maire ne sont pas convaincants, nous y revenons en page 2 de cette lettre. Alors que les conditions de la réussite pouvaient être réunies, quel gâchis ! C’est vraiment regrettable, car les questions d’aménagement de la commune sont des questions qui doivent rassembler et être partagées. Chez un très grand nombre de Dompierrois, l’incompréhension est flagrante.
Je vous souhaite une bonne lecture.
Philippe GABORIAU
Editorial paru dans la lettre n°17
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Philippe GABORIAU
Sandra LE BERCHE et son mari Jean-Michel se sont installés avec leurs enfants à Dompierre, lotissement des Sillons, en 2001. « Jeunes Dompierrois », ils connaissent cependant bien la commune et « s’y sentent bien ». Sandra, née à Saint-André d’Ornay, a vécu les créations simultanées des clubs de hand de Saint André et de Dompierre. Jean-Michel est responsable de rayon à Carrefour depuis 25 ans. Sandra a décidé de s’engager avec l’équipe « Pour Dompierre ». Ils en expliquent les raisons.
« Nous avons obtenu que la portion entre les Joueries et le bourg soit limitée à 70 km/h. C’est déjà ça, et nous remercions « Pour Dompierre » d’être intervenu dans ce sens ». C’est ce qu’ont tenu à préciser les habitants des Joueries à qui nous avions ouvert notre lettre n°16 en juillet dernier, et dont les demandes étaient très raisonnables. « Mais la municipalité refuse de prendre en compte le problème du cheminement piéton et cycliste des Joueries au bourg, et ça c’est regrettable », ajoutent-ils.
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