Mais la municipalité a choisi une autre procédure apparemment moins chère… mais finalement plus coûteuse
Concernant la nouvelle mairie, les premiers chiffres annoncés en septembre 2002 étaient de 974 000 HT… Puis peu à peu, ils ont pris du volume, pour arriver à un coût TTC,
pour l’ensemble du pôle mairie, de près de 2 millions d’euros ! L’explication a été donnée qu’au départ « tout n’avait pas été pris en compte »… Effectivement !
2 millions d’euros, c’est également à peu près le coût annoncé pour les commerces et les aménagements en centre bourg qui l’accompagnent. Le
prix du m2 commercial (sans les aménagements intérieurs) avoisine 1100 €, soit un coût supérieur d’au moins 30% au prix habituel sur le marché !
Quelles sont les raisons de cette dérive et de ces coûts prohibitifs ? En matière d’investissement, une nouvelle mairie ou un projet de commerces en centre bourg sont des projets
très lourds. Pour des projets de cette importance, les bons choix financiers sont ceux qui regardent la totalité du projet. Une économie de bouts de chandelle au début du projet peut se révéler à
la fin très coûteuse.
Comment conduire un projet d’investissement ? Un projet d’investissement commence par l'élaboration par le maître de l'ouvrage (pour ces deux
projets, c’est la commune, à travers sa municipalité) d'un programme fixant les différentes exigences, c'est-à-dire les besoins et attentes que la réalisation de l'ouvrage doit permettre de
satisfaire.
Le choix du maître d’œuvre est l’étape suivante, cruciale. C’est à ce moment que le maître d’ouvrage, va confier à une personne le soin de concevoir le bâtiment ou l’espace à aménager. Cette
personne, et son équipe, auront aussi la charge d’en diriger l’exécution. L’enjeu est essentiel : il s’agira d’obtenir un ouvrage qui soit de
la meilleure qualité possible, et au meilleur coût.
Comment choisir le maître d’œuvre ? Deux procédures sont possibles qui permettront d’aboutir à la passation d’un marché de maîtrise d’œuvre. La
plus simple, c’est la « mise en concurrence de maîtres d’œuvre ». Dans cette procédure d'appel d'offres de maîtres d'œuvre, le choix de l’équipe s’effectue, théoriquement, sur des
critères de compétences, de références et de moyens. Dans les faits, c’est plus souvent le critère du prix de l’offre qui permet de départager les candidats. C’est la procédure qu’a toujours
retenue la municipalité.
La procédure de concours d’architecture et d’ingénierie, qui aurait pu être choisie, permet au contraire de conclure un contrat sur autre chose
qu'une promesse. En effet, le choix du maître d’œuvre s'effectue alors sur présentation d’un avant-projet, éventuellement avec maquette, qui permet d’associer la population à la décision.
Cette procédure a un coût supplémentaire, car les candidats écartés devront être indemnisés. Mais au moins, on sait ce que l’on choisit.
Le prix du marché de maîtrise d'œuvre n'entre que pour une infime partie dans l'économie globale de ce type d’opération. Un investissement plus important à ce stade est souvent source d'économie
sur le coût global, par l'incidence que des études bien menées ont sur la qualité finale du projet.
Il revient aux élus d'intégrer dans leurs décisions les moyens permettant d'obtenir des projets de qualité tant sur le plan architectural que sur celui du coût global. En raisonnant toujours à court terme, ils prennent le risque de faire des erreurs à chaque étape des projets. Pour ces deux projets, ces erreurs se payent au prix fort.
Sur les photos : Christian NOEL (à gauche) et Gaby POUPELIN, membres de l'équipe "Pour Dompierre"

Philippe GABORIAU
La municipalité souhaite-t-elle vraiment
défendre le bureau de poste de Dompierre ? La question mérite d’être posée. Il y a quelques jours, jeudi 15 mars, Ouest-France titrait sur une pleine page : « La
Poste achève son redéploiement en Vendée ». Cette actualité nous fournit l’occasion d’apporter quelques explications sur ce dossier, et d’alerter une nouvelle fois sur la situation de
notre bureau de Poste de Dompierre. Non, le redéploiement n’est pas forcément terminé. En n’incluant pas la question du bureau de Poste dans son projet sur la Place de la Résistance, la
municipalité de Dompierre-sur-Yon a choisi de se priver d’une belle occasion de conforter la présence postale à Dompierre.
« Quand nous avons lu l’éditorial de Philippe
GABORIAU, dans la précédente lettre, où il parlait de la mésaventure des ex-repreneurs du restaurant Art’Solo, nous avons été très touchés. Nous lui avons demandé de pouvoir témoigner, et, nous
tenons à le préciser, sans esprit polémique, sans esprit partisan. Nous avons vécu nous-mêmes une expérience difficile à Dompierre, il y a deux ans, où nous voulions ouvrir un café, qui aurait
été avant tout un lieu ouvert aux jeunes et aux sportifs. C’est un milieu que nous connaissons bien, et où nous avons de nombreux amis. Nous nous sommes donnés du mal pour ce projet, nous y avons
cru. Notre dossier était bouclé sur le plan financier, mais il a échoué, faute d’un lieu pouvant convenir à cette activité, pour laquelle nous tenions à ce qu’elle ne perturbe pas la quiétude des
riverains. C’est un grand regret.
« Je ne sais pas… Je n’ai jamais vu ça… ». C’est la première réponse embarrassée d’un ami, spécialisé dans les questions économiques et commerciales, dont j’ai sollicité l’avis, après que j’ai été informé, cet été, par le vendeur et « l’ex-futur acquéreur » d’Art Solo de l’intention de Mme Le Maire d’empêcher cette reprise. « C’est du développement économique à l’envers », a-t-il fini par diagnostiquer. Cette intention a été confirmée par l’arrêté pris par Mme Le Maire le 19 septembre 2006. Le restaurant Art Solo vit donc ses dernières heures. Cherchez l’erreur : Un bar restaurant, viable, avec une clientèle, se voit condamné… par un projet de « redynamisation commerciale » du centre bourg. Cet été, je concluais l’éditorial de notre Lettre n°16 par un « appel à l’écoute et à la concertation » pour la suite du projet sur la place de la Résistance. Reconnaissons qu’il n’a pas été entendu, et rappelons les faits.
Commentaires